Roadmap : 3 étapes pour structurer votre politique salariale avant fin 2026
1 - Réaliser un audit de rémunération et centraliser les données
La directive sur la transparence ne se limite pas au salaire uniquement. Elle couvre un ensemble de composantes de la rémunération, dont le salaire de base, les primes d’ancienneté, la part variable individuelle (bonus, primes, commissions), et l’épargne salariale (participation, intéressement).
C’est pourquoi la première étape consiste à dresser un état des lieux exhaustif de votre politique de rémunération actuelle. Cet audit permet d’évaluer le niveau d’égalité, d’équité et de transparence au regard des nouvelles obligations légales à venir.
L’audit comprend généralement :
- une cartographie des postes et des rémunérations associées.
- une analyse des écarts de salaire à poste équivalent.
- un benchmark de la politique salariale des entreprises de taille et secteur similaires.
- une vérification de la conformité à la réglementation (égalité femmes-hommes, conventions collectives, minima légaux).
- un diagnostic des critères d’attribution des augmentations, promotions et primes.
- un plan d’action et une présentation des axes d’amélioration.
Cependant, les données nécessaires pour l’audit sont souvent fragmentées dans plusieurs services comme la paie, les RH ou la direction financière, et dispersées dans différents outils, ce qui complique l’analyse des écarts de rémunération et peut masquer certaines inégalités. La centralisation de ces dernières est cruciale pour la réussite du projet de transparence.
2 - Définir une classification des emplois de même valeur : méthodologie et critères
La directive met l’accent sur la notion de travail de même valeur. Si le concept peut paraître abstrait, la directive prévoit quatre critères objectifs clés pour qualifier un travail de même valeur : les compétences, les efforts, les responsabilités, les conditions de travail, ainsi que tout autre critère pertinent, s’il existe, pour l’emploi concerné comme les compétences non techniques.
Concrètement, des postes de responsable RH et de chef de projet peuvent être considérés comme étant de même valeur au regard de ces critères. Afin de comparer au mieux la valeur du travail, les entreprises devront mettre en place une classification des emplois fondée sur ces éléments.
Dans le projet de loi de transposition de la directive européenne, cette classification serait appuyée par un accord d’entreprise, un accord de branche, ou à défaut par une décision unilatérale (DU) de l’employeur valable trois ans après une consultation du CSE. Dans le cas d’une DU, une cartographie et une analyse des postes de votre entreprise sont impératives pour établir une grille de classification traçable et structurée.
3 - Déployer une communication interne : désamorcer les tensions et former les managers
Miser sur la transparence passe avant tout par un changement culturel. Et comme tout changement, il existe un risque de tension entre collaborateurs. Pour 70 % des DRH, c’est un enjeu majeur de la directive, devant la cohérence des grilles salariales.
En effet, la transparence salariale risque de placer les managers de proximité en première ligne. Ils devront expliquer les écarts de rémunération à des équipes mieux informées et plus à même de les questionner. Par exemple, s’ils ne parviennent pas à défendre les différences de rémunération, au-delà de l’unique argument de l’ancienneté, ces écarts pourraient être perçus comme injustifiés et entraîner une rupture entre les salariés et l’équipe dirigeante.
Selon OpinionWay, seuls 64 % des salariés ont entendu parler de la nouvelle directive, contre 82 % des DRH. Ce décalage dans le niveau d’information risque d’alimenter les incompréhensions si les entreprises n’adoptent pas une posture pédagogique proactive.
Les managers et les recruteurs doivent donc être formés à présenter la fourchette de salaire établie au préalable, à communiquer proactivement autour des critères de progression, à justifier objectivement des écarts ou encore à rédiger des offres d’emploi transparentes.