Poser les jalons de l'IA dans sa roadmap SIRH : l'exemple de Thales
L’intelligence artificielle s’impose désormais comme un volet structurant des roadmaps SIRH. Préparer l’intégration de ces fonctionnalités nécessite un cadrage rigoureux, aligné sur les enjeux de souveraineté et de conformité.
Conformité et sécurité : lever les freins initiaux
Avant d’envisager l’activation de fonctionnalités IA, il fallait traiter une série de questions structurantes : sécurité des données, conformité RGPD, contribution éventuelle des données au modèle de l’éditeur, sensibilité sectorielle liée à la défense. Tant que ces points n’étaient pas clarifiés, les fonctionnalités IA incluses dans le contrat Workday restaient volontairement désactivées par Thales.
La méthode : organiser un atelier bipartite
Thales et Workday ont organisé un atelier de travail réunissant :
- L’équipe SIRH et des représentants IT côté Thales.
- L'équipe de compte, un architecte solution, la customer success manager et le management partenaire côté Workday.
L’objectif était clair : passer d’une liste de blocages à une stratégie actionnable, fondée sur des cas d’usage précis, priorisés et pertinents pour Thales.
En amont de la session, les équipes Workday avaient préparé une revue détaillée de chaque fonctionnalité IA disponible dans la souscription Thales, avec des réponses documentées sur la résidence des données, leur utilisation et leur éventuelle contribution aux modèles Workday. Pendant l’atelier, chaque fonctionnalité a été passée en revue une à une, avec en parallèle une démonstration live pour garantir une compréhension partagée et limiter les angles morts d’interprétation.
L’outil d’évaluation : utiliser la matrice Risque/Valeur
Au cœur de l’atelier, une matrice simple et robuste : croiser le risque perçu (sensibilité des données, complexité réglementaire, exposition sectorielle) et la valeur perçue (gain d’efficacité, expérience collaborateur, optimisation des processus) pour chaque cas d’usage.
Cet outil permet de prioriser, d’objectiver les craintes et de construire un consensus entre les équipes SIRH, IT et légales sur les fonctionnalités à activer en premier. Il offre aussi un langage commun pour dialoguer avec la direction générale.
Les premiers cas d’usage : définir un périmètre d’action maîtrisé
À l’issue de l’atelier, une sélection de huit fonctionnalités a été identifiée comme prioritaire, combinant forte valeur ajoutée et niveau de risque perçu compatible avec une première mise en production.
Parmi les cas d’usage retenus : l’aide à l’optimisation des processus métier, la génération automatique de descriptions de poste et les suggestions de compétences. L’objectif n’est pas de transformer instantanément les pratiques RH, mais de démontrer progressivement la valeur de l’IA tout en en maîtrisant les risques, sur un périmètre clairement balisé.
Ce processus illustre une approche exigeante mais réplicable : intégrer l’IA à la roadmap SIRH non pas comme une case à cocher, mais comme un levier de transformation à piloter avec méthode, transparence et co‑construction avec l’écosystème de partenaires.