Comment l’IA transforme-t-elle notre manière de travailler ?
L'IA en entreprise : une vraie révolution anthropologique
Traditionnellement, la transmission de connaissances suit un schéma vertical. Les profils séniors forment les plus jeunes. Avec l’apparition de nouvelles technologies, notamment d’internet, on assiste à la naissance du reverse mentoring.
Le reverse mentoring est une approche où des profils juniors forment des collaborateurs séniors aux pratiques numériques, ce qui permet de combler l’écart générationnel. Cette inversion dans la dynamique de mentorat classique représente déjà une première forme de révolution anthropologique.
À première vue, l’intelligence artificielle peut s’inscrire dans ce même modèle de formation. Ce n’est pourtant pas le cas : l’IA redéfinit le rôle des collaborateurs.
On parle notamment de deux rôles bien distincts : celui des cyborgs et des centaures – termes de plus en plus populaires dans le milieu professionnel pour les définir :
- Les cyborgs représentent les profils qui utilisent l’IA comme une extension de soi. Ils délèguent une grande partie de leurs missions, mais aussi de leur jugement, à la machine.
- Les centaures, eux, sont des profils experts qui choisissent de tirer parti de leurs connaissances métier et de leur expérience pour la prise de décision.
Plus précisément, Pascal Picq explique que les centaures utilisent l’IA comme « un outil d’augmentation et non de substitution. »
Dans un contexte de transformation systémique, les centaures détiennent une vision plus raisonnée de l’usage de l’IA. En effet, les organisations doivent faire preuve d’une capacité d’adaptation toujours plus forte. L’innovation devient alors une condition sine qua non de la croissance des entreprises.
Néanmoins, du point de vue des collaborateurs, ces innovations sont vécues comme un enchaînement de ruptures organisationnelles. C’est là qu’intervient le rôle de la mémoire. Les compétences, l’expérience, les connaissances et la culture de l’entreprise deviennent des actifs stratégiques pour créer de la valeur.
Cette mémoire, principalement détenue par les profils centaures, constitue alors une ressource essentielle pour accompagner la transformation. Cette différence clivante entre les centaures et les cyborgs donne une impulsion à un nouveau phénomène, celui du « reverse reverse mentoring ».
Malgré un excellent bagage technique, les cyborgs laissent ce travail de mémoire à l’intelligence artificielle, qui n’a pas forcément tout le contexte de l’entreprise. Or, pour obtenir des résultats fiables avec l’IA, la mémoire est indispensable. Les profils dits centaures assistent alors à une revalorisation de leurs compétences du fait de leur séniorité.